Druye : Contestation de l'installation de Primagaz
  1. Concernant l’aspect sécuritaire du projet

    Les 2 points du courrier de "Bien vivre à Druye", en date du 16 septembre 2017, adressé à différents ministères et redirigé vers Madame la Préfète Corinne Orzéchowski :
    Madame la Préfète Corinne Orzéchowski a répondu, en date du 31 janvier 2018, sur ce point :
    " Vous vous interrogez particulièrement sur le « périmètre de sécurité d’un rayon de 300 m » présenté par Primagaz et des risques de suraccident.
    La distance de 300 mètres présentée par Primagaz lors de la réunion publique du 23 mars 2017 est issue du retour d’expérience sur les BLEVE de citernes mobiles. Cette distance correspond aux zones dites « bris de vitres », c’est-à-dire soumises à des pressions de 20 mbar.
    Comme évoqué ci-avant, l’exploitant devra déterminer dans son dossier de demande d’autorisation, les périmètres des zones d’effets et devra démontrer le caractère acceptable du projet au regard des dispositions réglementaires en vigueur. Il est à noter l’absence d’habitation dans ce rayon de 300 mètres. L’État restera vigilant quant à l’impact sur les principaux enjeux à proximité au regard de la réglementation ; 
    "

    Réponse de Bien Vivre à Druye à la Préfète, en date du 15 juin 2018 : "Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble de vos réponses mais juste sur celle concernant l’aspect sécuritaire qui conforte notre opposition à l’installation de l’entreprise Primagaz sur le site à l’étude.
    Lors de la réunion publique du 23 mars 2017, un périmètre de sécurité d’un rayon de 300 m nous a été présenté. Au regard des retours d’expérience du BARPI (quelques-uns des extraits les plus significatifs dans l’annexe), nous émettons les plus grandes réserves quant à la pertinence de ce périmètre. Nous considérons qu’il n’est pas réaliste et très largement sous-évalué. Une cuve de 400 m3 et/ou un camion gros porteur de ravitaillement et/ou un camion de livraison sont plus dangereux que plusieurs bouteilles de gaz.
    Il serait regrettable de ne pas tirer des leçons du passé et de reproduire à Druye l’exacte situation inverse de ce qui s’est déroulé à Saint-Pierre-des-Corps. À Saint-Pierre-des-Corps des logements se sont progressivement érigés autour de l’entreprise Primagaz installée auparavant, en tenant compte de la réglementation alors en vigueur. Aujourd’hui on envisage d’installer un site SEVESO au milieu d’habitations existantes, depuis plus ou moins longtemps, en considérant un périmètre de sécurité jugé suffisant.
    "



  2. Nuisances liées à la circulation

    Il est prévu 30 passages de camions par jour (gros porteurs pour l’alimentation en gaz du relais vrac et camions citernes pour la livraison des clients). Le nouveau barreau autoroutier va nécessairement générer un accroissement du trafic sur les hameaux de la Prudhommière, la Sansonnière et la Recoulière et les inconvénients induits :
  3. Evolution du site

    Le projet fait état d’un stockage de 180 tonnes de gaz, ce qui le classe en SEVESO SEUIL BAS. Un stockage de 200 tonnes, à la suite d’une restructuration des activités de Primagaz en France, le classerait en SEVESO SEUIL HAUT. Si une autorisation est accordée pour 180 tonnes, pourquoi ne le serait-elle pas pour 200 tonnes ? La création d’un site industriel peut entrainer l’installation d’autres activités industrielles (société de transport, …) dans un environnement jusqu’à présent essentiellement tourné vers l’agriculture d’où la perte du caractère rural de la commune.

    En cas d’abandon de l’activité par Primagaz en raison du déclin amorcé de cette dernière (30 000 tonnes de propane livré par le site de Saint-Pierre-des-Corps et 15 000 tonnes en 2016) et des perspectives énergétiques gouvernementales (en autres diminuer la consommation d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à celle de 2012), nous risquons de voir une autre activité à risque s’installer car un classement SEVESO aura déjà été accordé (études d’impact, environnementales et de faisabilité des sols déjà effectuées pour le projet Primagaz).

    Un durcissement des normes de sécurité pourrait faire peser de nouvelles contraintes sur les habitants des hameaux voisins avec le renforcement des toitures et des vitrages sans tenir compte des difficultés financières des propriétaires pour financer ces travaux.

    Le site actuel de Saint-Pierre-des-Corps occupe une superficie de 7 hectares pour un stockage de 5 000 m3 et une activité d’embouteillage. Le site retenu sur la commune de Druye aurait un potentiel bien plus fort, puisqu'il occuperait 10 hectares, sous employés pour un stockage de 400 m3. Pourquoi un si vaste espace ?

    Tout cela amène à craindre, sur ce site, une forte montée en puissance, avec en conséquence une forte augmentation des risques.



    Diapositives Cofiroute présentées lors de la réunion d'avril 2018

  4. Aspect financier

    Le transfert sera financé à hauteur de 60% par l’État et les collectivités territoriales pour un montant dépassant les 6 millions d’euros pour les parties estimées. Ce financement est rendu obligatoire par les articles L 515-15 à L 515-26 du code de l’environnement définissant le cadre des Plans de Prévention des Risques Technologiques. Dans le cadre de ce projet, il est prévu un accès direct à l’autoroute d’où la création d’un barreau autoroutier mais qui ne peut être privatif en faveur de Primagaz. Son montant estimé est actuellement de 1 754 048 euros pour les parties estimées mais elles ne le sont pas toutes… Officiellement, cette création a pour but de « désengorger » le bourg de Druye !?

    Avant d’engager de tels travaux, la société Vinci et l’État devraient d’abord se poser la question de la nécessité de faciliter les sorties de l’autoroute A10 à Rochecorbon et Chambray les Tours, ou de la rocade à la hauteur de La Riche. Chaque jour aux heures de forte circulation, les véhicules ne peuvent faire autrement que d’emprunter les bandes d’arrêt d’urgence, sans parler de tous les accrochages et accidents qui s’y produisent chaque jour.

    Une étude, menée par Vinci, reconnait une faible modification du trafic à la hauteur de Druye (250 véhicules s’ajoutant aux 19 000 circulant chaque jour). Quel en sera l’impact sur la circulation dans Druye ? Il y aurait ainsi 3 sorties d’autoroute sur un tronçon de 6 km à faible circulation ! Comment peut-on en conclure à la nécessité d’un tel barreau autoroutier ? La circulation des camions de livraison va générer des coûts supplémentaires déraisonnables pour la collectivité.

  5. Avis du Conseil Municipal de Druye du 13 juin 2018

    Lors de ce conseil, à 11 voix POUR, 3 voix CONTRE et 0 abstention, les élus de Druye ont donné leur avis sur le choix d’implantation d’un relais vrac de 400 m3 sur les parcelles appartenant à l’État le long de l’autoroute.